EVAN, CARNET DE BORD D'UN ANGE DECHU 2

Publié le par bordier laurent

Mercredi 30 mars, huit heures trente. Je fus pris de violentes convulsions. Mon corps trembla de tous ses membres et la première image que mes yeux aperçurent fut le plafond vert bouteille de ma chambre. Mon âme réintégra son enveloppe corporelle par le biais de la fontanelle ; autant le départ peut-être violent et choquant pour une âme, autant le retour est rapide et très doux. C’est une main qui enfilerait un gant soyeux de taille excellente et idéal.(dixit : Squeeze, mon guide) La fusion réussit, mes yeux s’ouvrirent et je geignis qumain-amour-couple-heureux-amoureux-langue-linguistique-barr.jpgelques secondes. Ma mère qui discutait depuis quelques minutes avec une infirmière de mon état profondément silencieux depuis quelques jours se leva d’un bond lorsqu’elle entendit mes plaintes et hurla un – mon Dieu ! 

Cela peut paraître stupide, mais même si elle croyait profondément en cette créature invisible et cachottière, elle n’acceptait toujours pas ce rapt soudain que le ciel eut organisé. Qu’on lui prenne son fils, oui !  Ça, elle se doutait bien que cela arriverait un jour, mais sa seule condition était : lorsque je serai décédée et enterrée au cimetière du Père-Lachaise et que l’on aura répandu les cendres de mon mari sur les chrysanthèmes ornant mon marbre, alors, là,  mon fils pourra partir lui aussi. (Oui, ça peut paraître étrange, mais elle a toujours voulu partir après mon père qui n’avait rien demandé à personne, au passage, et qui ne désirait pas non plus de crémation) 

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