MALVERSATION AVEC DIEU

 


On notera des trivialités récurrentes et  surtout insidieuses dans le fameux livre " Conversation avec Dieu " de Neale Walsh.On ne joue pas avec le ciel et si l'on bénéficie d'un don gratuit tel que l'écriture intuitive ou la voyance, nous nous devons de le faire partager gratuitement à notre tour, car là-haut existe une comptabilité spirituelle assez complexe basée sur l'altruisme et le don de soi.

Je n'ai rien contre l’auteur de ce livre ni contre ses esprits malins "flatteurs d'égo",
mais beaucoup sont comme nous, ignares et dans la détresse de n'avoir que l'intuition d'une présence divine

Quant aux autres âmes parfaites, elles s'envolent, dépitées, dès la vingtième page de ce livre.
Lorsque j'ai pratiqué l'écriture automatique, j'étais loin d'imaginer que ça allait prendre des proportions aussi grandes dans ma petite vie. Je pensais que l'on ferait ça comme on fait une séance de spiritisme entre camarades d’école.
Je me suis fait manipuler par des esprits malins, imparfaits et doués d'une intelligence dépassant toutes les bornes terriennes.
Aujourd'hui, j'en plaisante,  mais avec une certaine amertume en fait.
Un ciel fascinant ? Oui, mais ne vous plantez pas d'étage quand vous grimperez ses marches.
Les pourris existent aussi là-haut. En fait, ils restent les mêmes qu'ici tant qu'ils refuseront
d'évoluer.

Voici, Malversation avec Dieu .

 

 

Les lendemains du jour de l'an sont toujours terribles pour un homme seul. Moi, j'en voulais à la terre entière car personne ne m'avait invité à manger du saumon pour le soir de Noël et sans vouloir tomber dans un mélodrame quelconque il n'y a pas pire solitude que lorsque vous vous en rendez compte...Quant au jour de l'an, j'eus beau rester près de mon téléphone portable à clapet dernier cri. RIEN de RIEN.

Équipé d'une paire de lunettes trouvée sur le siège d'un bus. Je partis à la recherche de lecture gratuite sur internet. C'est souvent là que j'aime lire les auteurs inconnus ;  ceux qui écorchent les mots et qui pour moi détiennent cette vérité bitumineuse que les autres… plus lettrés ? ou Littrés n'ont pas. J'avais bien essayé de côtoyer quelques écrivains sur la toile mais si tu n'écoutes pas Schubert et que pour toi Corneille est un oiseau...Et bien, tu restes un être très commun à leurs yeux.

Je tombai sur un forum parlant d'un livre s’intitulant " conversation avec Dieu". Titre original et respirant la métaphore à plein nez, je m'activai de convertir ce P.D.F en word et passai à autre chose. Je ne suis pas à la disposition de Dieu et d'ailleurs de personne ;  mais lui su parfaitement que mon dernier jour de noel fut merdique.

Suçant nerveusement une des branches de ma paire de lunettes, je me posai les questions fondamentales : 

Suis-je un con ? Y a-t-il un juste milieu de politesse pour se faire inviter chez des amis? Amer, je décidai  d'éliminer toutes mes connaissances par S.M.S et cela, sans prétexte aucun ;  juste signaler que je ne désirai plus les fréquenter. Je n’en connaissais que deux et l’affaire fut vite régler puisqu'il ne possédaient pas de téléphone. Ed’ & pistache. Deux pousse-mégots de la gare rencontrés un soir de beuverie solitaire. ( Ed’ n’est pas son nom mais lors de notre première rencontre je le vis avec un sac à la main de ce magasin discount en guise de valise. Quant à l’autre en fait il s’agit de pisse-tâche. (auréole jaune au niveau de sa verge imbibant la toile tergal de son pantalon.

Ce début de soirée s'annonça animé puisqu’un trojan vint s’installer sur une de mes pages web au moment où je débutai ma lecture. L’écran se gela et il me fut impossible de continuer une quelconque navigation. J’accusai injustement ma souris puis mon ordinateur ; le supermarché Carrefour également et enfin un de ses conseillers mielleux vêtu d'un ensemble rouge vermillon ( je m'en souviens puisque j'avais honte pour lui. En fait, dans la vie il était guitariste dans un groupe de Hard-rock alors quand on s'est vu et bien il avait rougit en plus de son costume ) Il m'avait dit - Aucune défaillance avant cinq ans d'utilisation intensive !

- Pauvre chaperon, pensai-je en rallumant mon ordinateur...Je levai le poing bien haut et maudis un instant le créateur.

 

L'ennui arrive assez rapidement chez moi, d'ailleurs l'ennui me prend surtout quand je n'ai plus rien à boire. Je partis rapidement chercher quelques bières "tsingtao" chez ma traiteuse ( oui, vous avez bien entendu, « traiteuse ») chinoise, qui me demanda entre deux claquements de pince à nems si j'apprenais toujours leur jolie langue :

- Comment va apprendre chinois ?
-ça va merci, pourriez-vous mettre quatre nems et des nouilles sautées s'il vous plaît ?
 elle insista :
- vouloir, c'est yao, toi dire "wo yao"
- Oui, mais je n’apprends pas beaucoup Chinois maintenant, j'ai copine pas Chinoise,
( il faut toujours inverser les mots quand on leur parle) et  trois bières plus un litre de rosé frais, ajoutai-je en baissant la tête, un peu gêné qu’elle me prit pour un alcoolique
( il faut toujours inverser les mots quand on leur parle)

-     - Toi boire beaucoup alcool ! Toi aimer boire ! 

Je ne répondis pas et laissai cette attaque vapeur mesquine se fondre dans l’ambiance glauque et silencieuse de son shop ; d’ailleurs les clients me lancerent de larges sourires empathiques du style – Ne vous inquietez pas, vous vous en sortirez de cette addiction.

Je n'ajoutai pas que sur sa carte "rouleaux de printemp" prenait un "S" et même lorsqu'il n'y en a qu'un seul.

 

 

Un moment de détente revint lorsque je me decidai de prononcer fang bian mian ( nouille instantanée) dans un chinois aproximatif - Plutôt dialecte sud mais jeunes filles très jolies ! affirma- t-elle dans un clin d'oeil pervers m'encourageant à en ramener une en France.

Je ne précisai pas que, pour rien au monde je ne vivrai avec une asiatique. Elles ne boivent pas ou très rarement et ne fument pas, ( Cela dit, je pourrais encore faire l'effort de fumer à la fenêtre, mais boire à la fenêtre non) ; les chinois travaillent beaucoup trop pour moi et ne font pas assez la fête : ou alors si mais dans les karaokés avec orgies de postillons et jus de goyave à volonté. 

Afin qu'elle puisse enrichir son vocabulaire, je tentai de lui apprendre un mot en français assez inédit en pointant mon index droit dans la direction du bac à nouilles :

-ça, c'est féculents !

- ahh d'accord, nouilles, c'est fécale ! xie xie ni * ! ( merci )*

-Non ! féculents ! pas fécale ! Voulez-vous que je vous l'epelle ? Elle se mit à douter puis fit mine d'avoir compris :

-aaahhh...Epelle ! C'est fécale, d'accord ! Compris, moi ! !

elle ne retint pas grand chose de ce cours mais je ne fus pas très surpris car ce mot, féculent, ne lui servirait à rien dans sa vie de tous les jours. Les nouilles restent des nouilles pour un chinois. J'haussai les épaules et lui laissai féculent et fécale en synonymes. C'est avec mes quatre sacs à emporter et d'un zai jian * ( au revoir )* parfait que je sortis du shop pressé de rentrer chez moi afin de reprendre ma lecture.

  Les nems aux crevettes attirent beaucoup plus mon chat que ceux au bœuf ; d'ailleurs, il est fréquent qu'a la maison il invite ses amis félins afin de partager mes repas. - C'est constamment l'année du chat dans cette baraque, pensai-je en retournant mes nems un à un dans la poêle. D'un coup de pied discret mais ferme j'écartai deux matous imprudents tentant de grimper sur la gazinière. Certains semblèrent alors, s'insurger de ma violence et m'insultèrent de félintophobe ! Outré, choqué par cette provocation, je finis par plier et lancai un nem dans la cour afin qu'ils puissent se mettent à table. 

 

  • Il nous a refilé un nem au bœuf ! , dit l'un en me lançant un regard imbibé de haine. Plein les coussinets d'cette vie, ajouta un autre. Si ça continue, je me casse en Egypte !

Cette année fut celle de la renaissance et je le sentai réellement au fond de moi ; une carte de visite représentant un calendrier chinois m'annonça que 2010 serait l'année du bœuf. Les végétariens n'auront qu'a bien se tenir, plaisantai-je en pouffant à voix basse. Je repris ma lecture doucement entre deux bouchées de rouleaux, nems & gorgées de bière tellement légère et parfumée à la rose que je crus un moment me trouver en train de boire un verre de limonade imbibé de papier toilette Moltonel. 

Je ne pus également m'empêcher de penser que la connerie s'était tut peu à peu en moi avec les années. Il est vrai que même la dame pipi du supermarché Carrefour me souriait à nouveau. Il faut dire que depuis quelques années nos relations étaient tendues. Notre sujet d'engueulade ( le plus récurent ) est le fait que je rechignais de payer pour pisser,  et lorsque je déboutonnais ma braguette afin de satisfaire ce besoin alors cette peu de vache marmonnait :

  • Pour refiler des pièces aux mendiants alcoolisés devant l'entrée de carrefour, y a du monde... !

  • désolé, disais-je, je ne paierai qu'en cas de grosse commission. Et croyez-moi Madame, j'irai de bon cœur.

  Cette femme était persuadée que les sans domicile du coin n'en foutaient pas une rame  ; alors je m'agaçais

- Vous avez l'impression de travailler là avec votre gros cul enfermé dans cette blouse bleue !

- Oh ! Vous êtes... !  Oh ! Satané ! 

J'enchaînais alors :

- Et puis, ils sont beaucoup plus respectueux que vous, madame ! Ils ne font pas claquer de soupière dès que j'ai la queue à la main !

- Oh ! Mais ! ...Vous êtes grossier en plus ? ! Vous êtes un galopin ! ?

- Et vous une suceuse de moelle, mais là n'est pas la question. Je ne suis pas grossier mais il est vrai que dès que j'arme devant l'urinoir vous faites claquer votre soupière contre votre bureau ! Comme pour me prévenir qu'il va falloir passer à la caisse ! Ca coupe l'envie bordel ! 

 

Elle jubilait de me voir sursauter devant l'urinoir et je suis même sûr qu'il y avait railleries au fond de ses yeux. Cette vieille peau avait promis d' appeler la sécurité afin de m’interdire de toilette Carrefour, mais je ne l'avais pas entendu de cette oreille. J'étais allé me plaindre au commissariat de la ville en justifiant tout simplement qu'étant « agoraphobe, surtout quand il y a foule » ( ça ne les avait pas fait rire les policiers, je ne sais pas pourquoi) mon médecin m'avait conseillé de boire un grand verre d'eau avant d'aller faire mes courses et logiquement j'avais besoin d'uriner trois ou quatre fois à chacun de mes passages dans ce supermarché.

En parcourant ce forum ésotérique, je lus de poignants témoignages concernant des personnes quelconques ayant radicalement changés leur façon de vivre après avoir lu « Conversation avec Dieu »de Neale Walsh. Je touchai alors de mon index droit l'écran pour être bien sûr de ne pas halluciner et faillis m'étrangler avec un de mes nems à force de petits soliloques plaintifs et râleurs d'avoir une vie moyenne où l'aventure et la témérité se restreignent à quelques pâtés de maisons ; lorsque, en plein hiver je me régalai de prises de risques inconsidérés en vadrouillant dans la neige équipé d'une paire de baskets aux semelles bien trop lisses.

 

ils avaient bien écrit  "changé  de vie" ! Soupirai-je de désespoir en prenant la poignée de la porte de la salle de bain comme point de mire à mes réflexions. Je ne suis pas friand des changements radicaux, mais cependant un bon coup de balai sur les idées préconçues peut vous changer une vie ; c'est vrai et d'ailleurs, je me forçai d'essayer de croire en leurs mots !  Ces personnes qui postaient sur ce forum semblaient honnêtes au vu de leurs avatars...Et convaincants par leurs histoires !

Mais Que peut-il bien se passer lorsqu'on change radicalement de vie en une lecture ? ! Le mot était fort tout de même ! CHANGER DE VIE  ! Si le Docteur Neale Walsh commençait à me déstabiliser par une préface ou une quatrième de couv' aux dérives sectaires, c'est qu'il fut à coup sûr de mèche avec Dieu ou l' un de ses thuriféraires Céleste ( et Babar.)

J'eus peur de l'apocalypse un instant...mais surtout l'appréhension que l'on allait me remplacer mes corn-flakes matinaux par l'hostie.

 

- Ne pourrait-on pas faire un changement en douceur plutôt ? Interrogeai-je Dieu à voix haute.

- Un temps d'adaptation est nécessaire seigneur, ajoutai-je ;  Et demandez donc à Rael ! Avant d'être un Dieu vivant et bien il vendait des quarante-cinq tour aux puces de Clignancourt ! Et sous le manteau qui plus est ! Enfin...sous son boubou vert pistache je veux dire. Quoiqu’il en soit, il est hors de question, seigneur, que je me laisse pousser une quelconque barbe une fois cette lecture terminée ! Barbichons et rouflaquettes ne me dérangent pas chez les autres tant qu' ils ne se posent pas avec moi à table dans un quelconque flunch de banlieue parisienne.

 

Une excitation saine monta en moi au fur et à mesure que les pages défilaient sur l'écran. Je me frottai souvent les mains de cette délicieuse lecture mais également de ces nougats chinois composés d'un "je ne sais quoi "rouge vif attirant et de morceaux de gingembre. Ma traiteuse m'avait commandé une brioche fourrée lotus, mon dessert préféré. Ce n'est évidemment pas un gâteau entouré de papier toilette, vous l'auriez deviné, mais une crème composée de graines de lotus.

Docteur Neale Walsh nous raconte que l'on peut parler avec Dieu.

Pourquoi pas...Pensai-je, à genoux sous le bureau cherchant désespérement une baguette tombé au sol. - Chacun trouve son bonheur où il peut ! dis-je en ricanant, mais j'avoue que pour une discussion, il est nécessaire d'être au moins deux, Neale  ! La sanction fut immédiate. Je récupérai ma baguette et n'oubliai pas de me cogner violemment la tête dans l'angle du bureau. 

- Attitude mesquine seigneur !  Faire jouer les éléments contre moi relève d'un acte singulier ! Terrien ! Après avoir appliqué une compresse sur mon front, je reprenai ma lecture.

 

Le changement de vie commence par l'achat d'une planche de oui-ja apparemment sur cette terre. Nous ne pouvons pas parler à Dieu, comme ça, avec notre bouche car il ne nous entend pas parait-il. La mort est un monde différent et c'est là que vit le seigneur également. Pour parler à un mort il faut soit :

mourir, faire une NDE ou bien encore tout simplement se procurer une planche de oui-ja. Celle-ci doit être en chêne ou en hêtre, mais pas en sapin surtout ! ( à cause des épines ) J'en trouve une assez facilement et lis la notice à voix haute :

ne pas sucer...ok...bon. Je n'avais pas prévu de le faire, ça tombe bien...ne pas avaler non plus...ok. J'ai déjà mangé donc, c'est bon...et ne pas s'en servir avant 23 heures. Il faut croire que les esprits prennent le boulot à vingt-trois heures alors. Ok.

 

Il me fallait donc moins de quarante euros pour ce petit jeu et pour joindre l'inutile au désagréable, je téléphonai à la société d'intérim' de mon quartier qui aima tant me faire de jolies blagues sur mon téléphone en m'envoyant des offres d'emploi ne correspondant jamais à mes recherches :

- Bonjour, c'est Mr Bordier Laurent, je vous téléphone car je suis à la recherche d'un emploi pour une journée ; c'est pour m'acheter une planche de oui-ja.
- Bonjour, monsieur Bordier ! ? Une quoi ?

- Une planche de oui-ja madame ! Je désirerais parler à ma grand-mère décédée il y a quelques années maintenant...

( inquiète ) Aaah...Attendez, je cherche votre dossier…

 ( chuchotant )... Alors, Monsieur Bordier, Monsieur Bordier, où est-il Monsieur Bordier... lalalal...pffffuiit, c'est le souk sur mon bureau ce matin, Monsieur Bordier Laurent...Voilà !  je l' ai, je l'ai, je l'ai ...Pfuiiit, il fait chaud ici... Alors, Monsieur Bordier, vous êtes à la recherche d'un emploi précis ? Vous avez des diplômes peut-être ? 

- Des quoi ? je vous entends mal  ! ... et bien, non...Qu'avez-vous à me proposer ?

- Donc, pas de diplôme...pfuuiiit...C'est difficile... cela se complique un peu. ëtes-vous cérébral plutôt ? Manuel ? 

- Laurent, madame...moi c'est Laurent Bordier !

 ( Replongeant dans ses dossiers. ) pôm pôm pôm...Tilala...Laissez-moi regarder un peu tout ça... J'ai un inventaire chez chamoteau et fory si vous voulez ? Il s'agit d'une usine de fabrication de pièces de chauffage. C'est une mission de deux jours.

- Deux jours ? Ça fait trop ! J'ai juste besoin d'une journée pour me payer ma planche de Ouija !

- Votre quoi ? Je n'ai pas compris Monsieur.

Bah ! Ma planche pour appeler ma grand-mère qui se trouve là-haut, au paradis !

 - Bon ! Demain sept heures devant chez Chamoteau Mr Bordier. Au revoir.