NEBRASKA (cancer-surprise)

Publié le par bordier laurent

C’est ici, sur un des tabourets verts du Horley's motel que je posai mon sac et me reposai un peu de cette évasion. Presque quinze heures et sur l'avenue de Neverton, on puindexamericain drapeaut assister au bal de klaxons d’Américains pressés d'en finir avec cette journée de labeur. L'avenue est un défouloir et au beau milieu de cet embouteillage, quelques conducteurs me lancèrent des regards de haine, jalousant cette bière fraîche que je savourai en leur souriant. On dit que l'argent n' a pas d'odeur mais lorsque je fis le compte du nombre de billets rangés dans la poche intérieure de ma veste,  j'y senti comme une odeur de brûlé, de plaque mortuaire et j'eus la légère impression qu'ils furent destinés à régler une future concession. Dans le couloir de l'hôpital où je me servis à pleine poignée (à l'entrée du service chimio') ; un jeune homme blond ( sûrement perturbé par un cancer-surprise ) était entré dans le bureau du docteur et en avait oublié sa veste sur un des bancs du couloir. Ses poches étaient pleines de billets de dix dollars… Je sais que cet acte n’est pas sublime mais maintenant, en regardant de plus près l’effigie d’Hamilton partir en fumée dans la pompe à bière, j'eus l'impression de fêter son décès à l'avance.

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article