Evan, carnet de bord d'un ange déchu...2

Publié le par bordier laurent

Ce dont je suis sûr est que ma mère fut touchée à plusieurs reprises par ces esprits mauvais ; de ce réfectoire, elle en ressortait malade, l’estomac noué, la boule d’angoisse fixée sur son larynx et les jambes parfois flageolantes. Les influences d’âme à âme semblaient exister réellement sur notre terre et je vis différemment certains personnages schizophrènes qui nous rabâchaient ici-bas le fait  " d’entendre des voix "
Lors de ces examens de routine, le médecin-Chef équipé d’une blouse blanche enfilée à la va-vite sur le contour de ses épaules jetait des coups d’œil furtifs sur mon visage enflé, puis, se pinçant les lèvres, l’air dubitatif, il mettait alors sa paire de lunettes, jetait négligemment sa blouse sur mon lit pour, je pense, se sentir plus à l’aise dans ses réflexions et se mettait à lire, à chuchoter même parfois les derniers rapports d’infirmiers de nuit. Dans tout ce scénario, ces mise en scène, je pense que son seul but était d'attendre l’arrivée de ma mère ; et lorsqu’elle poussait la porte de la chambre, il lui annonçait d’une voix ferme :
bon…Status-quo. Aucune évolution possible, madame. Elle n’ajoutait rien de plus, ne bronchait pas, car pour elle cela signifiait tout bêtement que rien n’était perdu. Et même si l’espoir et  la joie n’envahissaient pas mon environnement, elle y interdisait toute pensée de requiem anticipé comme venait de faire ce docteur irrespectueux dans l’âme et au comportement d’our
s mal léché. Au fond d’elle-même, sansanges-et-demons-43-720px broncher, ma mère le maudissait d’un sourire courtois.

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